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Des essences végétales adaptées au Parc des Crêts

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                         Chêne vert

Le choix des essences végétales du Parc des Crêts fait l’objet d’une étude approfondie visant à concilier les qualités environnementales du site et les usages des surfaces. Nous avons sélectionné les espèces les mieux adaptées à l’évolution du climat, pour aboutir à des espaces naturels vivants et à un quartier intégré et durable.

Un climat similaire à celui de la Drôme provençale

Sous nos latitudes, le climat présente des caractéristiques similaires à celui de la Drôme provençale. La pluviométrie régionale est élevée à Genève et les sécheresses sont plus fréquentes.

Il y a 20 ans, les espèces méridionales et océaniques, comme le Chêne vert, l’olivier de Provence, l’osmanthe de printemps et le faux-jasmin, étaient très peu plantées car ces espèces ne passaient pas les hivers rigoureux. Aujourd’hui elles font partie intégrante de nos compositions végétales en ville et près du lac où le gel est moins fort.

Un patrimoine paysager en évolution

Inversement, des espèces symboliques qui font partie intégrante du patrimoine culturel et botanique de Genève, et qui étaient plantées dans les jardins privés depuis presque trois siècles sont maintenant difficiles à installer et à pérenniser. Ce sont les grands arbres que nous trouvons aujourd’hui dans les parcs publics de Genève.

Ces espèces ne sont donc presque plus replantées. C’est notamment le cas du hêtre, une espèce caractéristique de l’étage collinéen à montagnard, qui « remonte » en altitude et du séquoia (photo ci-dessous), une espèce plus exotique qui a un besoin d’humidité et de fraicheur important. Notre patrimoine paysager va donc évoluer rapidement, à l’échelle d’une génération.

article4-2.jpgSéquoias au Parc des Eaux-Vives
 

Face aux défis imposés par le changement climatique, tous les efforts sont concentrés afin de rendre cette évolution providentielle pour la biodiversité. En effet, des espèces méridionales, alpines, continentales coexistent désormais dans les parcs et jardins. Cette richesse apporte aujourd’hui une forme de biodiversité, reconnue notamment à travers un indicateur : la qualité du miel réalisé en milieu urbain est souvent de meilleure qualité que celui récolté dans les plaines agricoles.

Des plantes “éco-utiles”

Actuellement nous favorisons certaines plantes horticoles et exotiques pour leur caractère « éco-utile ». En effet certaines de ces espèces présentent un intérêt constaté pour la nature. Soit parce que leur forme ou leur port apporte un refuge pour certaines espèces, soit parce que leur floraison et leur fructification sont attractives pour de nombreuses espèces. C’est exactement pour ces raisons que certaines espèces comme l’Amélanchier du Canada ou le Pommier d’ornement ‘Everest’ sont très appréciés, et presque «naturalisés».

article4-3.jpgPommier d’ornement
 

Le climat évolue rapidement, les paysages se transforment et les espèces s’adaptent. Dans un contexte de développement, qui doit être durable, planter un arbre est probablement le geste écologique le plus efficace.

Le plan paysager du Parc des Crêts est étudié de manière à créer un lieu en cohésion avec la nature tout en anticipant les changements climatiques pour les générations présentes et à venir.

Jérémie Duval
Architecte paysagiste HES, Directeur du bureau d’études chez Boccard Parcs et Jardins